Dimanche 21 décembre 2008
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Publié dans : dans les revues
Par l'équipe de La Rue
Août 2008, le canon tonne sur la frontière. Le nain
géorgien entre en guerre contre l’ogre russe. Tbilissi veut mettre fin aux volontés autonomistes de deux territoires russophones. Ailleurs le grand carnaval planétaire et sportif a véhiculé
pendant des mois les idées d’indépendance, d’autonomie, de suzeraineté à propos du Tibet.
Vingt ans auparavant, le rideau de fer qui sépare en Europe l’Est de l’Ouest commence à s’effilocher avant de tomber soudainement, entraîné par la chute du Mur de
Berlin. Cette disparition cache le développement d’autres murs, réels comme ceux qui séparent le Mexique des États-Unis, Israël des territoires occupés et des confettis palestiniens, et virtuels
comme celui qui se met en place autour de l’Europe et qui a nom Schengen.
Malgré la mondialisation ou à cause d’elle, le petit carré de territoire où nous vivons reprend des dimensions oubliées dans le maelström uniformisant de la
consommation. L’identité de chacunchacune est liée à ces interrogations permanentes, où vivez-vous, d’où venez-vous, où allez-vous ? Comment les frontières s’inscriventelles dans nos pensées
et dans nos corps ?
Danton, peu avant d’être guillotiné, refusait d’emporter la patrie à la semelle de ses souliers. Qu’en est-il pour des anarchistes aujourd’hui ? Quels sont ces
territoires qui nous importent ou nous pèsent ?
L’anarchisme a toujours revendiqué l’internationalisme, « ni patrie ni frontière ». Les revendications paysannes amérindiennes, liées au sol comme à
l’ethnie, qui font irruption sur la scène internationale, particulièrement en Amérique latine, semblent contraires à cette affirmation fondamentale. Annick Stevens tente dans son article de
sortir de cette contradiction apparente qui reflète en fait un attachement à des racines souvent oubliées quand elles ne sont pas niées. Ces étrangers sur leur propre sol sont les frères et les
soeurs de ceux qui fuient des conditions de vie mortifères et viennent se perdre dans ces paradis du capitalisme qui apparaissent à leurs yeux comme des havres de salut.
site de la revue Réfractions : revue Réfraction
Dimanche 25 mai 2008
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Publié dans : dans les revues
Par l'équipe de La Rue
Le numéro 20 de la revue REFRACTION est dans les kiosques
sa
thématique : "de Mai 68 au débat sur la postmodernité - enjeux actuels de
l'émancipation"
Dix ans et vingt numéros… les anniversaires sont habituellement l’occasion de réjouissances, mais aussi
de bilans. Le fameux quarantième que tout le monde célèbre cette année semble davantage appeler les seconds que les premières. Quant à nous, nous avons aussi de bonnes raisons de nous réjouir.
Pas seulement pour avoir relevé le défi de faire vivre et mûrir la revue qui nous tient à cœur, mais aussi parce que ces dix années ont vu l’intensification des luttes radicales, nettement
anti-capitalistes et à forte connotation libertaire.
D’où la nécessité de faire le point sur une double évolution, celle des revendications de Mai 68, et celle de l’engagement anarchiste. Or, dans les deux cas,
une grille de lecture semblait particulièrement pertinente, celle de l’opposition entre modernité et postmodernité. De nombreuses analyses récentes des luttes et résistances partent, en effet, du
constat que les bouleversements politiques et économiques internationaux ont modifié profondément les rapports de domination, ainsi que les projets mobilisateurs pour un changement de société. Et
souvent ce changement s’exprime sous les termes de l’abandon du modèle moderne et de son remplacement par un modèle postmoderne de pensée et d’action. Mai 68, à cet égard, s’inscrit dans une
époque charnière, encore porteuse des exigences d’émancipation et de justice sociale de la modernité, et voyant apparaître une multitude de formes nouvelles de pensée, du structuralisme à la
« French theory » et à la philosophie du désir, convergeant avec des revendications d’épanouissement personnel axées sur la jouissance et la créativité. Avec un certain retard, ces
nouvelles manières de penser les luttes ont influencé certains mouvements anarchistes, au point de faire apparaître, depuis les États-Unis, l’idée d’un « postanarchisme » ou d’un
anarchisme postmoderne, se réclamant de ces nouvelles références théoriques à la place des références traditionnelles de l’anarchisme.
voir ici le site de REFRACTIONS : link