le 17 mars, rencontre avec Pierre Brasseur (l'écrivain)

Publié le par l'équipe de La Rue

  Le 17 mars, l'équipe de la bibliothèque LA RUE reçoit Pierre Brasseur.

 

Pour commencer, deux petites précisions :


1 - Pierre Brasseur n'est pas un acteur (mort) mais un écrivain (vivant).

2 - Je suis un terroriste n'est pas une biographie, ni même de l'autofiction

Pour vous donner envie de lire ce roman, je ne peux mieux faire que de laisser la parole à son auteur. Voici la présentation qu'il en fait sur le blog (que je vous conseille d'aller visiter) : http://jesuisunterroriste.blogspot.com/

 

Je suis un terroriste raconte une histoire simple, sensible et pleine d’humour.

Ce n’est pas un polar, c’est un roman noir.

Ce n’est pas un texte politique, c’est un texte réaliste.

Ce n’est pas un roman de bobos parisiens, mais de provinciaux paumés et sales.

Ni psychologique ni porteur d’une thèse, il montre la crasse que personne n’aime voir.

Je suis un terroriste n’est même pas vraisemblable, puisqu’il montre des râleurs français qui passeraient à l’acte.

Il pourrait faire penser à Nada, de JP Manchette, mais il se passe à notre époque.

Aucun flic ne joue de rôle central, car il y a des limites à la compromission avec le pouvoir.

Ce n’est pas de la variétoche, c’est du rock’n’roll.

Ce n’est même pas anticapitaliste ou antisarkozyste. Ses personnages exècrent surtout ces tares contemporaines que l’on utilise pour justifier notre médiocrité : la tolérance, l’hygiène, la modération.

 

Je n'y apporterai qu'une seule contradiction : si, c'est un texte politique, car il touche à des questions éminemment politiques, car il nous interroge sur notre rapport au social, car il nous fait réfléchir sur nos actions... Et un « programme politique », les personnages du roman en on bel et bien un !

 

"Le PS et l'UMP nous font vivre dans la terreur, pour que l'on se résigne à la précarité, au stress, au vide de l'existence, et au droit de se taire.

A cette terreur abjecte, nous répondons par la terreur. Et nous continuerons, jusqu'au jour où les terroristes auront abandonné leur pouvoir illégal, où ils l'auront redonné au peuple, où la France et le monde cesseront d'être fascistes."

(Communiqué du Groupe Terroriste de Libération, 1er mars 2009.)


Et donc, c'est l'histoire de ces héros ou plutôt anti-héros, « groupuscules de post-punks minables » selon la dénomination caustique de leur auteur (qui les juge bien durement), qui décident d'agir...

Pierre Brasseur, qui connaît bien ses classiques du terrorisme et l'ultra-gauche française, s'inspire ici de l'histoire proche (Rouillan, Tarnac) pour camper des personnages d'intellectuels terroristes qui passent à l'acte.

Que le roman se moque d'une certaine mouvance d'« anarcho-autonomes », c'est certain ; qu'il nous montre l'impasse d'une certaine forme de violence, c'est probable... mais là n'est pas son principal intérêt. J'y vois pour ma part un héritage des libertaires du 19ème siècle qui écrivaient pour démystifier les fictions du politique et donner à voir le monde tel qu'il est. Au lendemain de la Commune (et en pleine répression anti-anarchiste), des militants comme Jean Grave,  des écrivains comme Victor Barrucand, Lucien Descaves ou Henry Fèvre, ont mis en scène des personnages de terroristes anarchistes - non tant pour excuser leur acte que pour condamner la société, injuste et lâche, qui les pousse à de telles extrémités.

Et les personnages de JSUT, on les comprend. Qu'on les condamne sans appel ou qu'on approuve leur détermination, on ne pourra s'empêcher d'éprouver pour eux une certaine considération. On serait prêt à dialoguer avec eux, tant ils ont une réelle consistance – en particulier l'héroïne féminine - personnage loin de tout stéréotype, et particulièrement jubilatoire. L'auteur réussit le tour de force de nous présenter des personnages types, qu'on croit avoir déjà rencontrés dans la réalité – sans pour autant en faire des fantoches romanesques.

 

Et comme dit encore Pierre Brasseur : " Le roman noir permet [...] d’accumuler de la matière, de donner à bouffer au lecteur, de parler du monde actuel."

Finalement, je ne saurais mieux dire...

Alors laissons lui la parole : rendez-vous samedi 17 mars, à 15H30 !

Publié dans programme des débats

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Pascal Djemaa 12/06/2012 12:56

Bonne semaine à tous les lecteurs de votre blog et continuez sur cette voie, amitiés, Pascal.