"Le linceul du vieux monde" premier roman de Sébastien Rutès

Publié le par l'équipe de La Rue

"Le linceul du vieux monde"  de Sébastien Rutès  aux éditions l'Atinoir – 2008

 



 

1899, année de l'exposition universelle à Paris. Un évènement qui voudrait faire oublier l'affrontement au "fort Chabrol" et les déchirements causés par l'affaire Dreyfus, qui voudrait faire oublier, surtout, le Paris populaire. Jusqu'à ce qu'une affaire de meurs sème le trouble et inquiète, déchaînant la presse - et la police - contre les anarchistes, forcément coupables. 

 

1899. Oscar Wilde est en exil à Paris. C'est pour lui une période de déchéance, faite de solitude et de misère dont il ne sortira pas. Il caressera cependant un dernier rêve, celui d'accomplir son ultime chef d'œuvre : le dynamitage de la Tour Eiffel !   

 

1899. Nino, vieux militant anarchiste hanté par les remords et les échecs enquête pour mettre hors de cause les mouvements libertaires. Pourquoi ne pas embarquer le poète dandy avec lui ? 

 

"Le linceul du vieux monde" premier roman de Sébastien Rutés dans lequel l'auteur mêle avec finesse et aisance la poésie de Wilde, les chansons de Bruant, et l'argot des bouchers de la Villette, est paru en février chez L'Atinoir (la nouvelle collection des Editions l'Ecailler, consacrée au roman noir latino-américain). Roman d'aventures, roman feuilleton façon XIXème siècle, c'est également un bel hommage à l'anarchisme parisien et au poète irlandais qui, clairvoyant annonce au détour d'une page que : 

 

"… Nous ne sommes plus au temps des régimes féodaux, dont l'exercice du pouvoir féroce avait l'effet bénéfique de provoquer la révolte. Les gouvernements d'aujourd'hui fondent leur survivance sur l'apathie des hommes. Le pouvoir bourgeois a cela de terrifiant qu'il démoralise. Ne voyez-vous pas vos concitoyens se contenter d'un confort vulgaire ? En distribuant des récompenses d'une sinistre banalité, le pouvoir compte décourager les forts, les révoltés, par le spectacle de l'acceptation et du renoncement. On a acheté les hommes …" 

 

Barbara Cibille 

 

 

Publié dans critique de livres

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un Québécois de passage 26/05/2008 05:38

L'Expo universelle a Paris c'était en 1900, pas en 1899.

l'équipe de La Rue 26/05/2008 20:41


Effectivement, l'exposition est bien celle de 1900 ... dont les préparatifs commencèrent en 1899. En espérant que cette erreur n'empêchera pas "le québecois" de repasser nous rendre visite.